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Article Sud Ouest

24 jan. 2016
Article Sud Ouest Merci Sud Ouest pour cet article du 23 janvier 2016

Si l'odeur du café vient chatouiller les narines des Pessacais lorsqu'ils passent avenue Jean-Jaurès, la présence d'un torréfacteur de surcroît spécialisé dans le bio et l'équitable n'est, sinon pas connue, du moins souvent oubliée.

 

Pourtant, Café Michel, c'est plus de trente ans d'histoire pessacaise et d'ici un an, l'histoire va prendre un nouveau tournant en voyant plus grand et en déménageant… toujours sur la commune.

Petit retour en arrière. C'est en 1983 qu'un Pessacais, Michel Gélis, monte cette petite affaire… dans son garage. Son idée de départ : vendre du café à des restaurateurs et cafetiers de la commune et des alentours.

« Grâce à un importateur, il se met à voyager en Haïti et découvre des petits producteurs. Il décide alors de se lancer dans le café équitable et bio et devient l'un des premiers petits torréfacteurs français à être inscrit au registre du label Max Havelaar », raconte celui qui est gérant de la Scop Café Michel depuis 2011, Stéphane Comar.

Oui parce que Café Michel s'est certes développé mais a également subi quelques soucis financiers puisque soumise aux fluctuations du cours du café… « C'est ainsi qu'en 2007, afin de sauver leur entreprise, la dizaine de salariés de Café Michel a créé une Scop (société coopérative et participative), appuyée par l'Union régionale des coopératives. Cette dernière leur fait connaître une autre coopérative, gersoise celle-ci, Ethiquable, qui participe alors au capital de Café Michel et lui apporte une partie de son réseau. »

Une forte progression

Michel Gélis assure la transition jusqu'en 2001 avant de partir à la retraite et de laisser les rênes de la Scop à Stéphane Comar, un des fondateurs de Ethiquable. Et depuis 2011, le nouveau gérant et les salariés pessacais ont mis les bouchées doubles pour relancer le projet d'entreprise, élargissant leur production à des produits annexes, bio et équitables évidemment, tels que chocolats et thés sous la marque Terra Erica. Le café reste son premier métier et représente 70 % de son chiffre d'affaires. Un chiffre d'affaires qui entre 2011 et 2015 a plus que doublé, passant de 1,7 million d'euros à 3,9 millions d'euros. « C'est le résultat d'un travail important de notre coopérative sur l'origine des cafés, sur la torréfaction que l'on différencie selon l'origine de la matière première afin de mettre en valeur les caractéristiques organoleptiques et sur l'emballage », souligne le gérant. Fort de cette évolution, Café Michel voit aujourd'hui plus grand. « Le fait est que la coopérative Ethiquable fait torréfier son café chez un autre torréfacteur. L'idée serait que Café Michel reprenne cette activité. Mais notre machine à torréfier est vieillissante et n'a pas de capacité suffisante. »

Une usine de 1 800 m²

D'où le projet d'investir. « Nous avons souhaité nous agrandir et prendre plus d'espace, dans nos locaux de Jean-Jaurès. Mais la mairie de Pessac a d'autres ambitions sur ces locaux. Alors, elle nous a aidés à trouver une autre solution… pessacaise. Ça nous aurait fait mal de quitter Pessac car la commune est le berceau de notre société. »

La municipalité a donc proposé un terrain du côté de la zone de Bersol, à côté de la Monnaie Paris. « Difficile pour nous d'acheter ce terrain. Nous avons travaillé depuis un an avec le service économie de la mairie. Et nous avons trouvé la solution. » En effet, c'est la société DPG Delta, spécialisée dans les projets immobiliers de PME, qui a été choisie. DPG va construire un bâtiment de 1 800 m². Le permis de construire a été délivré début janvier.

« Nous avons signé un bail en état futur d'achèvement. DPG achète le terrain, construit l'usine et nous lui louons les locaux pendant dix ans, avec possibilité de l'acheter avant la fin de cette période », explique Stéphane Comar.

L'usine, qui représente un investissement de 1,8 million d'euros, devrait être opérationnelle au premier semestre de 2017. Elle accueillera un nouveau torréfacteur, une conditionneuse, des silos de stockage, une petite chambre froide pour les chocolats, une zone de préparation et d'expédition ainsi que des racks de stockage des produits et probablement… deux emplois en CDI supplémentaires.